Lieux-Dits
Depuis 2019, nous avons engagé un travail sur la microtoponymie, c’est-à-dire la façon dont on nomme les lieux, mais bien plus précisément que sur une carte : les endroits où l’on vit, que l’on traverse, dont on parle.
Parcourir les lieux-dits nous transporte souvent ailleurs, ramène le passé dans notre présent, une langue locale dans notre français, nous déséquilibre parfois et nous fait trébucher sur nos propres souvenirs.
L’exposition Lieux-dits présente l’œuvre artistique-scientifique du photographe Jean-Philippe Astolfi. Il n’y a rien d’évident à faire de la science et de l’art en même temps. Jean-Philippe dit que les lieux qu’il capte en image le transporte si loin qu’il n’assume pas vraiment de vous avouer cette sorte de transe photographique, alors il vous fait entrer dans la rigueur excessive du scientifique de laboratoire qu’on aurait propulsé au milieu de la forêt dans un village immense, celui d’Anost.
Ai traivars lai pléchie
En 2022, la Maison du Patrimoine Oral de Bourgogne s’est intéressé au Micro-Local : porter attention à ce qui est tout proche, les détails précis de l’ordinaire et du voisinage, la manière dont les savoirs multiples circulent à cette échelle-là. Rétrécir la focale et soutenir les imaginaires, les connivences par lesquelles les habitants et leur milieu de vie se tiennent l’un-l’autre, ici et maintenant.
L’approche Micro-Locale est un antidote au désœuvrement politique de notre époque. Elle peut récupérer des pratiques d’oralité issues d’une société paysanne pas tout à fait disparue.
La MPOB vous propose à travers cette exposition de découvrir à une technique écologique traditionnelle visible dans le Morvan et typique des paysages bocagers.
La pléchie, en français haie plessée, est une haie vive composée d’arbres que l’on a incisés, couchés et entrelacés entre des paux (pieux en français). Cette technique de tressage de végétaux est l’une des seules qui se pratique collectivement et garde les plantes vivantes. Sa mise en œuvre conjugue une bonne connaissance du milieu, des gestes, des techniques, des rapports sociaux, des manières de répondre aux besoins actuels : tresse littéralement les présences végétales, animales et humaines des anciennes sociétés paysannes avec celles des sociétés contemporaines.
L’exposition « Ai traivars lai pléchie » a pour but de rendre compte de la multiplicité de ces savoirs, de ces connaissances et de ces besoins de bon voisinage entre espèces vivant sur terre.


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